LES HAUTS-PLATEAUX DU VERCORS

Ce lieu magnifique, à cheval sur les départements de la Drôme et de l'Isère,
constitue le coeur sauvage du Parc Naturel Régional du Vercors (le plus
grand massif des préalpes françaises). Les Hauts-Plateaux du Vercors
sont, de plus, une Réserve Naturelle Nationale (la plus vaste de France
métropolitaine).
1. Qu'est ce que le PNR Vercors ?
Créé en 1970, ce parc naturel régional couvre 206 000 hectares, subdivisés en 8 secteurs naturels :
- le Vercors-Drôme
- le Royan-Isère
- le Royan-Drôme
- le Trièves
- les Quatres-Montagnes
- le Diois
- la Gervanne
- le Piémont grenoblois
Il s'agit du plus méridional des massifs. De ce fait, il subit des influences climatiques montagnardes, océaniques et méditerranéennes. Ainsi, nous pouvons trouver des plantes endémiques du Dauphiné méridionale et de la Provence avec l'Ibéris de Candolle (Iberis nana) ou encore la Livêche fausse-férule (Coritospermum ferulaceum)
- Ibéris de Candolle |
- Livêche fausse-férule |
Le logo du PNR Vercors se compose d'une Tulipe méridionale (Tulipa australis) et du Tétras-Lyre (Tetrao tetrix). La tulipe a été choisie en raison de son abondance dans le parc. De plus, elle reflète une image « typique » des Hauts-Plateaux. Le Tétras-Lyre a été choisi car il s'agit d'une espèce symbolique, la plus étudiée dans le Vercors mais aussi la mieux connue.
Le Vercors est le seul massif des Préalpes relié aux Alpes internes. Il constitue ainsi un corridor biologique mettant en relation le Vercors et le Dévoluy par le Col de Lus la Croix-Haute. Grâce à celui-ci, des espèces animales (le loup ou encore le Tétras-lyre) et végétales peuvent circuler, permettant ainsi un brassage des populations. De plus, nous pouvons imaginer de potentielles recolonisation d'espèces disparues.
Le but du PNR est le développement économique et culturel du massif en utilisant son patrimoine naturel. Il participe donc à de nombreuses réalisations comme les réintroductions (pour le bouquetin des AlpesCapra ibex, le Vautour fauve Gyps fulvus ou encore le Gypaète barbu Gypaetus barbatus), le réseau Natura 2000, le Contrat de rivière Vercors eau pure....
2. Qu'est ce que la RNN des Hauts-Plateaux du Vercors ?
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Créée en 1985, elle avait pour objectif de préserver la richesse naturelle et les activités contexte du fort développement du tourisme hivernal des années 70. Celui-ci avait pour objet d'épargner les Hauts-Plateaux d'aménagements lourds (tels que les routes, les parkings et les grands domaines skiables) et d'éviter les impacts néfastes d'une surpopulation (comme le dérangement de la faune, le pollution...). |
Cette réserve couvre 17 000 hectares, soit 10% du territoire du Parc Naturel Régional. Actuellement, le but
de la réserve est la conservation des habitats et des espèces. Pour cela, elle est gérée par le Parc qui prend appui sur un
comité consultatif et un conseil scientifique.
Les principales activités pratiquées sur la réserve sont : le pastoralisme, la sylviculture, les activités de loisirs, la chasse et les activités scientifiques. Plus précisément, ces dernières années, la réserve étudie la fréquentation touristique sur les Hauts-Plateaux, l'activité pastorale et les résultats de ses observatoires éco-climatiques (notamment pour les conséquences du réchauffement climatique sur la faune et la flore).
3. Un biotope remarquable
Le site des Hauts-Plateaux du Vercors repose sur une dalle calcaire de 300 à 400m d'épaisseur. Celle-ci est fortement perméable ce qui explique plusieurs phénomènes. Tout d'abord la forte présence de lapiaz mais aussi l'absence totale de cours d'eau en surface au profit d'un grand réseau souterrain (c'est pour cette raison que les
odonates et les amphibiens sont très peu représentés sur les Hauts-Plateaux). Comprise entre 1050m et 2341m d'altitude (avec le Grand Veymont en point culminant), cette réserve possède un relief plutôt monotone. Mais à y regarder de plus près, il devient très accidenté avec une alternance de buttes et de dépressions. C'est précisément cela qui rend ce site difficile d'accès.
Au niveau climatique, la réserve subit des influences montagnardes, océaniques et méditerranéennes (du fait de la position géographique du Vercors). Cela confère une grande diversité floristique à ce site. Pour preuve, voici un diagramme représentant la répartition des cortèges floristiques sur la réserve :
- Zone de lapiaz 
Pour ce qui est des conditions montagnardes, elles sont rigoureuses avec plus de 100 jours de gel par an à 900m d'altitude. Les températures moyennes annuelles sont aux alentours de 8°C et la neige recouvre le plateau de décembre à avril. Les précipitations sont bien réparties et aucune sécheresse estivale n'est à noter. Hélas, le relief karstique absorbe vite les 1500 à 2000 mm de pluie/an et la végétation n'en profite que très peu. Tout cela confère aux écosystèmes une dynamique très lente.
La Réserve Biologique Intégrale des Hauts-Plateaux possède 24 habitats différents, répartis dans des milieux ouverts, fermés et des escarpements rocheux. Cette mosaïque d'habitats place les Hauts-Plateaux au rang de réservoir de biodiversité. En d'autres termes, c'est une zone dans laquelle la biodiversité est la plus riche, la mieux représentée et ou les conditions vitales à son maintien et son fonctionnement sont réunie
| Voici une brève présentation de ces milieux : | Le milieu ouvert |
Constitué de pelouses et de landes, ce milieu abrite deux espèces animales remarquables :
- Le Crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax), une espèce indicatrice des pelouses pâturées. Sensible aux modifications de son habitat, cet oiseau est un « baromètre de la bonne santé » de celui-ci. Le
dérangement est la principale menace pesant sur lui.
- Le Lézard vivipare (Lacerta vivipara) qui est menacé par le changement climatique.
Mais nous y trouvons également l'Apollon (Parnassius apollo), un papillon alpin qui protégé au niveau national. Ou encore la Rosalie des Alpes (Rosalia aplina) un coléoptère également protégé nationalement et considéré comme "rare" en France.
| Le milieu fermé |
Ce milieu est formé par les forêts de conifères (sapinières, pessières et Pin à crochets), de feuillus (principalement des hêtraies) et mixtes. La « forêt de Pins à crochets » (Code Natura 2000 : 9430) est un habitat prioritaire à l'échelle
européenne. Il jouit donc du classement d'habitat d'intérêt communautaire prioritaire. Sur la réserve des Hauts-Plateaux, nous trouvons la plus vaste forêt de Pins à crochets des Préalpes calcaires. C'est d'ailleurs cette-dernière qui a fortement contribué à la création de la réserve.
Pour ce qui est de la faune, nous pouvons dénombrer plusieurs espèces bénéficiant d'un fort statut de protection. Chez les oiseaux, la Chevêchette d'Europe (Glaucidium passerinum) et la Chouette de Tengmalm (Aegolius funereus) sont particulièrement remarquables. Elles sont des espèces indicatrices des pessières âgées, semis-naturelles et des climats froids. La principale menace pesant sur elles est la gestion sylvicole. Le Tétras-lyre (Tetrao tetrix) est également à citer, en tant qu'espèce indicatrice des milieux en mosaïque. Il est menacé par la fermeture des milieux, le pastoralisme et le dérangement. Chez les chiroptères, nous pouvons remarquer le Murin de Brandt (Myotis brandtii) menacé par la gestion sylvicole.
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| Chouette Chevêchette | Tétras lyre | Murin de Brandt |
Et enfin, deux espèces de coléoptères sont à prendre en compte : Ropalopus ungaricus et Denticollis borealis. Celles-ci sont très localisées en France et indicatrices des forêts remarquables. Menacée par la destruction de leur habitat, le Vercors est la seule station connue en France pour la première espèce et il s'agit de la seconde connue pour la deuxième espèce.
| Les escarpements rocheux |
Ces milieux, typiquement montagnards, sont composés d'éboulis, de falaises et de crêtes rocheuses. La faune et la flore vivant là est particulièrement adaptée aux conditions. Les « Pavements calcaires » (Code Natura 2000 : 8240) forment un habitat d'intérêt communautaire prioritaire. C'est à dire que sur le territoire européen des États membres, cet habitat est menacé de disparition. L'Union Européenne a donc un devoir de protection vis à vis de ces milieux, d'où ce classement Natura 2000. Formés par des champs de lapiaz sur calcaire, ces pavements ne possèdent presque aucun sol permettant l'implantation de végétaux. Toutefois, leur rôle dans les questions liées à la ressource en eau est très mal connu. |
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Au niveau floristique, trois espèces sont remarquables :
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La faune présente dans ces milieux se réduit à quelques rapaces typiquement montagnards. Mais chacun d'eux possède une forte symbolique. Il s'agit de l'Aigle royal (Aquila chrysaetos), du Faucon pèlerin (Falco peregrinus), du Gypaète barbu (Gypaetus barbatus), du Vautour fauve (Gyps fulvus), du Vautour moine (Aegypius monachus) et enfin du Vautour percnopère (Neophron percnopterus). Toutes ces espèces sont principalement menacées par le dérangement.
| Conclusion |
Le Lynx boréale (Lynx lynx) et le Loup gris (Canis lupus) sont les deux espèces communes à ces 3 trois types de milieux. Tous deux sont menacées par la destruction et le lynx est en attente de confirmation de présence.
Ce sont ainsi 233 espèces végétales qui sont présentes sur la RBI des Hauts-Plateaux. L'une d'entre elles, le Sabot de Vénus, est protégée par la Directive Habitat. 5 sont protégées au niveau national, 5 au niveau régional et 38 au niveau départemental.
Au niveau faunistique, 23 espèces aviaires bénéficient de la Directive Oiseaux. 35 espèces animales jouissent d'une protection nationale stricte et 9 d'une protection restreinte.
A noter que les Chauves-souris sont très peu représentées sur les Hauts-Plateaux. En effet, les températures basses, les hivers longs, le manque d'eau en surface et la pauvreté en gîte disponible sont autant de facteurs limitant l'implantation des chiroptères.
Pour conclure, la RBI possède 24 habitats différents dont 19 sont d'intérêt communautaire, étagés de 900 à 2 100m d'altitude.


- Ibéris de Candolle
- Livêche fausse-férule






